Page d'archive 3

Paul, moi, et les autres…

Paul, moi, et les autres... dans vivre paul-300x221

Nos rencontres avec Sophie étaient de plus en plus régulières et nos enfants aimaient se retrouver. Elle m’avait raconté son histoire, ses voyages, ses rencontres, sa famille et nous nous amusions des nombreuses similitudes qui jalonnaient nos vies.
Elle vivait comme moi avec son fils qui avait un an de moins qu’Antoine. C’était un petit métis gai et plein d’énergie avec qui les liens se tissaient simplement, comme la vie qui l’habitait.
Sophie l’ avait eu jeune elle aussi ; elle vivait à l’époque à Londres et y étudiait l’art. Basil était né là bas, d’un père africain, qui s’était laissé vivre en marginal alors que Sophie revenait sur le continent pour vivre son rôle de mère. Sa mère à elle avait d’ailleurs, tout comme la mienne, partagé les moments de la naissance de son fils et ainsi pu recréer avec sa fille un semblant de rapports plus simples, plus affectueux.
Sophie est une artiste, une fille du vent, elle est pétillante, elle a de grands yeux noirs vifs et profonds et la peau claire. De longs cheveux brun foncés et épais entourent son visage rond et lisse, que son nez, fin et droit, vient équilibrer comme pour affirmer son identité, ce caractère fort qui se mêle à sa douce féminité naissante… Elle s’habille bohème, ses jupes longues et colorées laissent apparaître ses bracelets de chevilles que l’on retrouve amoncelés le long de ses poignets comme des parures de femmes des pays lointains. Elle a une voix tendre et fragile, comme tout ce qui émane d’elle. Son histoire écorchée et parsemée de moments douloureux nous fait nous comprendre et partager des moments riches qui nous ressemblent.
Elle écrit aussi et l’association de ses talents lui permettent parfois de créer plus loin, plus grand pour peut être un jour réaliser ses rêves…
C’est lors d’un de nos moments partagés que ma vie bascula. Je ne pouvais le deviner ce soir là, ce soir où je fis la connaissance de son frère, cet homme dont elle m’avait tant parlé et dont elle faisait l’éloge et la désolation ; ce grand brun que j’avais dû imaginer bien avant cette nuit là ; jusqu’à ce que nos chemins se croisent, jusqu’à ce que je fasse la rencontre de cet autre, cet homme qui ne le savait pas non plus, allait changer le cours de nos vies pour toujours…
Paul était là, sur scène… Je l’avais donc vu la première, puisque sous le feu des projecteurs on ne voit pas devant, on ne voit rien, on entend seulement, et on vit un moment magique, sûrement,…
Il avait une guitare à la main, et ses yeux couraient sur le manche. La lumière étrange qui l’entourait brouillait un peu ma vue mais je ne vis que lui… Il y eu quelques mots, quelques verres, et puis pas grand chose pour finir, juste un sourire…
Un peu plus loin, un peu plus tard, se jouait une scène,  une femme l’attendait, celle de sa vie d’avant,  enfin, quelque chose comme ça, quelque chose qui allait prendre fin, qui avait déjà jouer ce jeu là. J’avais écouter Sophie qui comprenais la situation et me rassurait sur l’état actuelle de leur histoire… Je le savais désormais j’allais écrire avec lui quelques pages, dessiner à quatre mains quelques paysages, ceux que nos chemins voudront bien nous laisser traverser…
Il y avait à présent dans ma vie Paul et puis, un peu plus loin, … les autres…

« Le goût des autres »

Ma vie avançait doucement le long des bords de Loire, de cette ville qui me regardait grandir et avec moi Antoine, qui passait les classes, jouait avec ses nouveaux camarades, ses nouveaux jouets et puis nous… Nous à la plage, nous sur l’île de Versailles : notre jardin japonais, nous dans le tram’, nous dans nos bras, dans nos sourires et dans nos mots… Parfois, je le regardais s’en aller, il passait quelque temps chez ses grands-parents puis revenait. L’absence alors était pesante, mais mon travail compensait, le retrouver était une joie, et les « nous » reprenaient. Les jours se suivaient, les rencontres, les partages, les autres…
Oui, il y avait eux aussi, ces autres, ceux qui dessinaient mes nuits et qui parcouraient mon univers onirique. Je croyais encore qu’un jour il viendrait …, je croyais encore aux dragons, aux princesses et aux licornes, et puis aux chevaux ailés. J’imaginais l’autre comme dans un conte, comme dans une autre vie, et je me perdais ainsi, souvent, bien trop souvent. Dans chaque main tendue, dans chaque regard langoureux, dans tous ces mots un peu trop courts, dans ces faux-semblants qui pourtant me faisaient rêver et aimer… Je courais après l’autre, après celui qui me fera enfin croire en moi, croire que tout est possible quand on se donne… Mais quand je me retournais, il n’y avait personne, que des silences, ou trop de bruit, un regard vide ou bien des cris…

J’avais retrouvé un emploi qui me plaisait, et organisé ma vie autour ainsi que celle d’Antoine,… J’avais passé mon permis de conduire et ma marraine (la bonne fée, qui me faisait encore croire aux contes) m’avait amené son ancienne voiture, là juste devant notre nouveau chez nous… Ma vie était en train de changer, un prince était passé par là. Nous avion quitté notre hlm pour une petite maison près du parc de Procé et ma vie reprenait quelques couleurs. Mais je ne maîtrisais pas encore le don, la façon d’aimer qui oblige, qui vole, qui se sent coupable, qui prend sans demander, et puis cette foutue culpabilité… J’avais goûté à autre chose, à cette envie de vivre heureuse, de partager ; mais je ne savais pas encore qui j’étais et ce que je pouvais faire de ce moi si imparfait qui cherchait en vain quelque part cet autre qui comprendrait mon mal âtre, cette incompréhension à être aimée, à le pouvoir, à le vivre enfin.
Alors je voguais, entre les rives de cette eau trouble et froide, entre « les autres »…
Je croyais pourtant encore, et ma foi était toujours là, laissant parfois mon âme s’émerveiller de rien, et même souvent… Mon sourire gagnait les heures de peines, je retrouvais l’envie de dire « oui » à la vie.
Ce jour là ; l’association qui avait vue naître Antoine et m’avait accompagnée dans ma vie de mère m’avait contactée pour donner un témoignage dans une école avec une autre maman dans la même situation que moi et que j’avais déjà rencontrée quelques temps auparavant ainsi que son fils. Nous nous étions donc retrouvées ce matin là toutes les deux face à des élèves à l’écoute de nos vies, de ce que nos choix avaient changé pour nous, et de ce que tout cela pouvait entraîner comme questionnement dans leur vie d’adolescents. Ce fût très enrichissant et je me prouvais de nouveau que j’avais fait le bon choix, que ma vie était bien là, ma main dans celle de mon fils, suivant notre chemin.
Sophie avait elle aussi trouvé profitable cette journée où notre rôle de mère avait été entendu et défendu, et où nous avions pu raconter notre histoire.
J’avais gardé contact avec elle par la suite, notre intervention ce jour là avait créé un lien, celui de nos similitudes, de nos journées de maman, de nos envies de rien, juste pour eux, dans leurs sourires, parce qu’un jour nous avions dit « oui » à la vie… Sophie était l’une de ces « autres » celle qui avait manqué à ma vie et qui allait la changer pour toujours, la bouleverser, me faire vivre encore plus loin, encore plus beau

Guérir et puis aimer encore…


Guérir et puis aimer encore… dans vivre moi-et-lautre-243x300

Ce matin là, j’avais la nausée. Ma tête me faisait souffrir et des étourdissements me faisaient vaciller lorsque je restais trop longtemps debout. Cela faisait quelques semaines déjà que ce mal me rongeait. Un mal qui venait de loin et qui m’avait rattrapé, un mal qui revenait me hanter, et que je ne savais pas soulager ; alors, il me dominait, m’enfermait dans cette douleur, cette sombre agonie de l’âme quand le corps se détraque. C’était une façon de m’oublier, de ne pas penser à ce que je vivais en dépit de mon travail et de mes rencontres. J’avais la chance d’avoir tout ça, et pourtant… Antoine manquait à ma vie, et je haïssais ma façon de le laisser partir, de laisser à mes parents ce bout d’amour, ce bout de moi… Mais je ne me posais pas la question de savoir si je faisais le bon choix. Je pensais à lui et à ce que papa et maman feraient pour lui ; pour son bien, pour son équilibre : cet exemple de vie. Eux ils pouvaient raconter leur histoire, eux avaient les moyens d’éduquer et de transmettre ; moi je n’offrais pas grand-chose, j’étais encore si peu, si loin de l’âge adulte, si loin de pouvoir assumer… Je pensais alors à mon frère, à cet ange de vingt ans là haut dans les nuages et à tout ce que je devais encorefaire pour grandir. Mais trop souvent, mes pensées devenaient noires, assombries par mes peurs, mes doutes et cette terrible crainte de ne pas être aimée, pas assez, pas comme je l’avais appris, pas moi, non, pas ce petit rien… C’est ainsi que mon mal s’installa, jour après jour comme un long poison qui m’envahissait toute entière. C’était le soir, lorsque je rentrais après le travail déjà, sur lechemin, un vide immense s’installait en moi, un creux béant dans mon ventre, un puits sans fond, puis, l’envie de le combler. C’est quelque chose qui ne se contrôle pas et dans ces instants de faiblesses, mêlée de doutes, de peurs, et de dévalorisation de soi. On devient juste un poids énorme, puis, plus rien. Le vide prend ensuite toute la place, un vide abyssal, un vide sombre et froid, alors reste en soi juste la force d’atténuer la souffrance de ce silence sans fin ; et pour se faire, une avalanche de nourriture pour soulager le mal… C’est ainsi que je vivais mes solitudes, que je comblais les absences, comme quand on a plus rien et que l’on rêve que l’on a tout. Je remplissais mon corps pour ne plus sentir le froid, ni le vide, ni les silences ; la résonnance d’un écho qui ne se fait plus depuis que je ne deviens plus rien. Manger était devenu mon refuge, ma seule façon d’être moins seule. Cette addiction faisait désormais partie de ma vie et m’aidait à ce moment de mon existence à oublier ce « moi» qui s’était aventuré un peu trop loin, un peu trop tôt, cet autre qui voulait grandir et être libre, cette « moi » qui voulait hurler en silence. Je n’aimais pas le nom que l’on avait donné à cette « maladie », il avait une consonance liée à l’enfance, comme un mot inventé pour oublié ce qu’il raconte, comme s’il avait, en fait, une autre définition à donner. Mais après l’avoir étudié et décortiqué pour essayer de le comprendre, j’avais finis par réussir à le prononcer, à l’écouter, à l’apprivoiser, puis à faire en sorte qu’il puisse quitter mon monde. C’est ça, guérir, c’est une histoire qui grandit, bientôt, je pourrai écrire comment j’ai vaincu cette addiction : ma boulimie, mon abcès, là au creux de mon estomac et de mes entrailles. Je pourrai écrire comment je l’ai remplacée dans ma vie; celle là même qui défile sous mes mots, dans ces lignes qui, comme un flot de larmes, comme un flot de vie, viennent caresser mon corps meurtri pour tout reconstruire, pour que demain parle à nouveau des belles choses, pour aimer encore…

Y croire encore…

 

 

Y croire encore... dans vivre main-Matth.

J’avais pris un autre chemin, une vie m’attendait plus loin, beaucoup plus loin… Je reprenais les choses en main, avec pourtant toujours on fond de mon âme le poids des choix, de mon histoire, de ce que le regard de mes parents portait sur moi… Il me fallait faire face de nouveau à ce qui me dévalorisait sans que je le sache vraiment, à ce qui me faisait faire de ma vie celle d’une autre, puisque chacun de mes pas portaient cette envie de plaire, celle de faire qu’un jour enfin mes actions feraient la joie de mon père, de ma mère.J’avais passé la Loire cette année là, je découvrais jour après jour une ville animée que j’avais déjà parcourue dans mon enfance. Elle s’était métamorphosée au fil des ans, elle avait grandit et s’était embellie, modernisé aussi. Elle était traversée par le tramway et les avenues avaient été aménagées pour un confort urbain, pour faciliter la mobilité des usagers et pour ainsi devenir une ville agréable où il y fait bon vivre et je trouvais que c’était le cas. Je m’étais donné une petite semaine pour y trouver du travail. Papa avait pu me permettre de loger au cercle des officiers de Nantes grâce à son statut et je pris donc une chambre dans les bâtiments de l’armée situés dans le centre ville. J’avais la chance de pouvoir déambuler dans les rues de la ville, et de faire les démarches nécessaires pour mettre en place mon installation future. J’avais refait mes cv et mes lettres de motivations que je déposais dans les différentes boutiques qui me semblaient correspondre à mon expérience. Après trois jours à espérer, et faire de mon mieux pour que l’on me retienne quelque part ; j’ai enfin eu un appel et sautais de joie à l’annonce que l’on venait de me faire. J’avais un entretien le lendemain dans une boutique du prêt-à-porter et enfin le résultat de tous ces efforts concentrés depuis quelques jours. Ma vie prenait une toute autre couleur, je savais qu’une partie de celle-ci se dessinait doucement, là, sous chacun de mes pas et que bientôt je pourrai de nouveau reprendre confiance, écrire mon histoire en rose et donner à mon petit Antoine ce qu’il faut pour grandir comme il faut. Le jour suivant était lumineux, il faisait froid mais beau. Le soleil allumait toutes les rues comme des tunnels de liberté et j’avais déjà annoncé la bonne nouvelle à mes parents. Je commençais mon nouvel emploie la semaine suivante, ce jour là me fit redevenir Nantaise, et je devais me préparer à mon installation prochaine pour pouvoir récupérer mon fils qui pour quelque temps encore allait vivre chez ses grands-parents. Ils pensaient que ma vie n’était pas encore assez stable et il me fallait donc attendre qu’ils reconnaissent qu’elle puisse être à la hauteur de leur espérance, ou du moins, correspondre à un environnement stable,à leurs yeux…
Les mois passaient, j’avais logé quelques mois chez une amie avant d’avoir un logement HLM qui me permit enfin de récupérer Antoine dans de bonnes conditions. Je l’avais inscris à l’école et fis en sorte que tout soit organisé au mieux. Son sourire ce matin là valait tout l’or du monde, j’ai cru mourir cent fois avant de pouvoir revivre ces journées magiques où son réveil suivait le mien et où, ensemble nos journées s’écoulaient, calés l’un sur l’autre, unis et heureux, enfin… Mais pour combien de temps… Après avoir survécue cent fois… Oui, survivre était la seule chose qui me faisait avancer, sans lui, plus grand-chose n’avait de saveur et j’avais donc dû jusque là créer un moyen de subvenir aux absences de celui qui m’avait permis d’exister et qui plus loin, plus tard, me fera devenir… Alors je me devais, avant de continuer avec lui cette nouvelle vie, guérir de cette addiction qui m’entraînait dans un tourbillon de dévalorisation et de mal être… Enlever ce poids de mes entrailles, vivre sans…

Petite parenthèse par delà les nuages…

 

Petite parenthèse par delà les nuages... dans vivre bleus     C’est quelque part entre nos vies, entre nos mondes si différents, avec nos visions des choses et des êtres, avec nos yeux, nos âmes ;  que s’étend comme le fil d’un funambule, l’horizon, cette ligne au loin, qui dans les silences, donne un sens à notre foi…

J’ai ouvert une parenthèse ce matin et j’ai lu quelques pages de cette vie d’avant, celle que je raconte pour oublier et comprendre… Alors j’ai aussi pensé à tous ceux qui m’encouragent à redonner sens à ma vie avec les mots et tout ce qui fait que j’aime autant la vie. La parenthèse est là, et j’y dépose cette escapade au fond de mon âme, cette autre moi, ses paysages dessinés avec des lettres, et je vous dis merci, vous qui m’offrez ces minutes avec moi, dans mon histoire.

Je reprendrai « un coeur ailleurs » très bientôt », le silence entre les souvenirs sont aussi une façon de vivre avec, de les aprivoiser… Mais là, dans mes yeux se sont déposées d’autres images,… en voici le reflet :

 

J’ai vu la mer,… des eaux bleues comme si avec le ciel, ils jouaient une danse pour faire disparaître l’horizon. C’est comme le tableau d’un jeune peintre, quelque chose de beau et de léger, d’inestimable… Dans cette danse parfois, surgit, lumineux et chaud, le soleil, comme un acteur rejouant la scène finale avec émotion, avec talent, avec tant de réalisme. Il danse lui aussi et vient parfaire chaque tonalité de ces bleus pourtant déjà si profonds et clairs.

J’ai vu la mer, et puis la lumière s’est éteinte, j’avais eu les yeux rougis par le soleil et ils se sont fermés. J’ai alors oublié mon nom, réinventé un décor tout en gardant ce bleu si limpide que ma mémoire avait gardée. J’ai aussi essuyé mes larmes, cette eau salée  que la mer m’avait prêtée. Le silence, la mer et tout ce bleu dans mon âme me faisaient faire une danse comme celle du soleil, la chaleur faisait de mon corps une farandole à moi toute seule, et dans cette « folle allure », dans le sourire qui revenait, je sentais déjà mon âme s’élever un peu plus haut, un peu plus loin…  

Bien à vous… Laura L.

 

Mon coeur, mes silences et lui…

Mon coeur, mes silences et lui... dans vivre mains-lui-150x99

Il pleut, partout, trop, et dans mon cœur aussi…
C’est un jour triste, gris où les nuages et tout le ciel ne parviennent pas à se consoler. Les nuits voient les torrents de pluie s’écouler comme des cascades de larmes, comme des mers agitées par les ricochets de toute cette eau tombée du ciel et qui cherche à se noyer.
C’est un monde où les âmes errent dans un silence brisé par les sanglots, c’est un temps suspendu entre la vie et l’ombre de ce « moi » qui s’égare, ce «moi » qui ne sait plus où il va tant les chemins sont détrempés et sinueux…
Alors, cristallisée comme une étoile, je me retrouve face à moi-même, au doute, à l’incertitude et à tout ce qui fait qu’il faut choisir chaque jour où l’on va et ce que l’on veut devenir. Et puis je pense, je pense oublier, oublier que je peux faire souffrir, je pense partir, devenir quelqu’un d’autre, ne pas voir qu’un autre jour peut tout faire basculer, ne pas avoir fait le bon choix. Oui, oublier… Oublier que j’existe, oublier tous les mots, toujours les mêmes, les mêmes résonnances, les mêmes mensonges, ceux qui font que les yeux se noient, et enfin tout le reste. Il n’y a alors plus que les maux, ceux qu’il faut apprendre à panser, à dénouer, à apprivoiser.
Et puis il y a lui, cet être qui vit avec moi, ce tout petit autre qui vient de moi et qui grandit, là, à mes côtés. Alors comme un rayon de soleil transperçant les nuages il fait découvrir l’autre côté de la terre, là où l’arc-en-ciel déploie ses couleurs et permet de garder au fond de soi l’espoir et la foi. Antoine sourit, Antoine joue, il rayonne, il est là comme personne, essuyant chaque larme et transformant les douleurs, parfois juste quand sa main dans la mienne se dépose confiante et pleine de vie. Alors mes pensées retrouvent la lumière, deviennent bienveillantes, il ne pleut plus que sur les toits, les routes, sur les villes, et dans ce monde parallèle où trop souvent je me perds…
Simplement je reviens à la réalité, je regarde mon fils et puis ferme les yeux, mes choix ne sont pas toujours les bons, mais celui de l’avoir mis au monde efface tous ceux qui peuvent parfois nous éloigner du chemin que nous devions prendre…
Sa main dans la mienne et ses rires d’enfants feront que demain la pluie aura cessée ; aujourd’hui, je le sais…

A demain, pour qu’un autre jour se lève, laissant le soleil illuminer le monde et ce chemin où mes pas, doucement, dessinent mon histoire.

Mes autres…

Mes autres... dans vivre galets-coeur-150x145

C’était le temps de mes chimères, celui d’une vie rêvée, tout juste rêvée…
J’avais un chez moi, un travail, un enfant et toute la vie devant moi… J’avais aussi l’envie de vivre autre chose et puis se sentiment d’absolu permanent, comme si tout m’était possible, j’avais un cœur, une âme, des envies d’au-delà, des amis, les autres et bien plus encore… Il y a eu ce temps de recherche, ces silences en moi qui voulaient percer le secret… L’enfant, l’adolescente avait grandit, mais pas encore assez. J’avais quelque chose de sombre au fond de moi, quelque chose de non élucidé et qui m’empêchait d’aller au bout des choses… J’avais cru rencontrer l’amour dix fois, peut être plus, et même encore d’avantage le jour où j’ai senti sur moi une poitrine pulpeuse et sensuelle, un parfum de vanille, quelque chose de tellement différent de ce que j’avais pu connaître jusqu’à maintenant… J’avais été surprise mais pas choquée, je savais juste que je pouvais donner tellement plus… C’était une histoire simple, une soirée comme tant d’autres où l’alcool rend les moments partagés multiples et légers, comme si l’on passait de l’autre côté du miroir, comme si une autre vie nous habitait… J’aimais ces moments où j’oubliais qui j’étais et où j’allais, et où mon corps souffrait. J’avais encore une fois mis un terme à une relation naissante et je culpabilisais de tous mes non-dits, de mes nuits sauvages, de tous mes mots mis à nu, des mes états d’âme et de mes manques de rigueur… Alors je sortais boire un verre, j’allais danser, oublier… Ce soir là, j’étais passé prendre l’apéritif chez Céline, ma nouvelle collègue de travail avec qui nous passions beaucoup de temps. C’était une jolie brune pétillante et rigoureuse, quelqu’un de têtu avec une assez haute opinion d’elle-même. Elle m’avait un peu prise sous son aile, elle me croyait sans doute perdue sans elle, oui c’était cela, elle me voulait à elle, un peu comme une mère, une grande sœur, ou que sais-je encore… Ce moment d’égarement ce soir là, me fit prendre conscience de mon corps et de ce que nos dérives sentimentales peuvent entraîner. Me laisser faire ne m’a jamais posé de problèmes, c’est un courant de vie, une sensation d’une autre espèce, comme si je voulais comprendre les hommes, mais cela me rassurai sur mon état. Plaire à une femme laisse un parfum de tendresse en plus, quelque chose de vrai, sans animosité, comme un fluide doux et rassurant, qui donne une autre dimension aux relations humaines…

Tout ça c’était passé très vite et l’alcool avait déjà parcouru tout mon sang. J’avais chaud et nous étions dans l’ascenseur pour quitter l’immeuble et ainsi rejoindre d’autres amis dans un bar en ville. Il y avait eu des rires, et des mains pressées, des jeux de doigts et des caresses furtives puis un corps à corps comme une envie de dire encore plus fort. Ses baisers étaient différents, et j’avais décidé de les vivre autrement… Elle avait encore souri, nous avions laissé l’ascenseur faire quelques étages à sa convenance, puis nous étions sortie dans la nuit, main dans la main en riant aux éclats, nos cœurs battaient si fort ! Céline allait retrouver son amoureux et moi, celui qui voudra bien me raconter d’autres histoires et me faire retrouver mes esprits… Nous n’avions plus jamais parlé de ce moment entre nous, Céline resta ma collègue, mon amie, puis ma rivale pendant encore deux année… Ensuite, nos chemins se sont séparés. Elle quitta la région pour suivre son homme à Paris, nous nous sommes recroisée des années plus tard, elle n’avait pas changé, elle avait juste donné la vie elle aussi.
Je l’avais mise sur un piédestal au tant de notre rencontre, et ce jour là, elle n’était plus qu’un souvenir enfoui trop loin pour que mes pensées ne les redessinent. J’avais repris ma route, comme toujours, sans regrets, juste avec cette joie profonde de découvrir d’autres personnes, d’autres possibles, ces « Autres », ces « différents », ceux qui vous font grandir, et vivre autrement, ceux qui nous rappellent que tout est comme on veut bien le voir, pas forcément comme c’est vraiment… au travers du miroir…

Mon dernier sentiment profond à cette période fût partagé, comme toujours entre deux âmes, deux êtres aimés et puis quittés. Ils avaient pourtant essayé de m’apprivoiser, rien n’avait pu me faire y croire, j’en rêvais pourtant tellement, et encore au présent…
J’avais donc pris la décision de partir, de me découvrir ailleurs, d’imaginer d’autres cœurs, et de trouver quelque part celui qu’Antoine pourrait peut être un jour appeler papa…

Aimer… Pas sans raison, jamais…

http://www.dailymotion.com/video/x3rh9d

 

 

Parce qu’aimer c’est vivre…

Parce que l’amour peut tout, parce que c’est vous, moi, eux, et puis ce temps que l’on donne ; tout ce temps,… Parce qu’il est là tout bas et qu’il bat pour tous ceux qui ont froid, qui ont faim, ou qui tremblent, qui crient, qui rient ou qui hurlent de joie… Parce que sans, on meurt, parce que je vous aime, ici et ailleurs, avec mon coeur, mes mots et vos silences…
Laura L.

Ces années là…

Ces années là… dans vivre étoile-de-mer-150x116

J’avais dans un premier temps occupé une chambre dans un foyer de jeune travailleurs pour avoir le temps de trouver mon chez moi, notre toit, et puis aussi me permettre de faire que mon emploi devienne stable et pérenne. J’avais eu la chance de passer mon entretien d’embauche avec une jeune fille sensible et humaine et avec qui le courant est passé tout de suite. Murielle était une jolie jeune fille brune, pétillante et pleine de délicatesse.  J’allais vivre avec elle un moment bien particulier dans cette vie un peu à l’envers, ma vie de mère célibataire… J’étais arrivée à St Brieuc sans rien ou presque, un sac de voyage, mes cahiers de poèmes et ceux de mon histoire inachevée, quelques photos et mes piles de pulls, robes, chemises, mes « uniformes ». Tout allait encore si vite… J’avais laissé à Lyon le reste de mes affaires et je devais au moins en récupérer quelques unes auxquelles je tenais, et puis ma machine à laver le linge, … Bref, il me fallait prévoir un moyen de retourner là bas, de ramener tout ça, et je ne savais pas encore à ce moment là comment faire. J’en avais parlé à Murielle ce matin là, et lors du déjeuner, elle me proposa tout naturellement de m’accompagner en voiture jusque là bas. J’avais trouvé sa proposition incroyable et surtout tellement généreuse. Bref tout comme elle était, tout simplement, avec sa petite voiture, et sa gentillesse nous avons prit la route vers le sud, vers mon ancien chez moi, vers ce passé qui me faisait arriver là et redessiner une autre vie, ici, en Bretagne. Nous avion prit deux jours pour faire le voyage, le temps de faire l’allée et le retour, un périple bien fatigant. J’avais ainsi pu récupérer une partie de mes affaires et m’imaginer enfin pouvoir emménager dans un endroit à nous, avec Antoine, pour ainsi voir venir demain, un demain encore meilleur, un demain ensemble et où peut être l’avenir saura nous faire rêver… Moi, j’y croyais, je le voulais tellement fort. Mon travail me prenait beaucoup de temps et d’énergie, j’adorais me donner à fond et faire de cet endroit où je passais mes journées, quelque chose à mon image. Murielle elle aussi, aimait travailler ainsi, on y croyait, et on voulait être reconnues dans nos initiatives, dans chaque chose réalisée et faite avec professionnalisme.

Ce voyage sur l’autoroute, en musique, pleins de rires et d’histoires sans fin, avait créé un lien particulier entre nous, une amitié naissante, une complicité. Notre travail nous empêchait parfois de faire les choses plus simplement, il y avait ce frein, cette idée un peu désuète de se mettre des étiquettes, bref, elle restait aussi ma responsable et le reste avait fini par oublier ce lien qui avait pourtant voulu se tendre… Quelques temps après mon installation avec Antoine dans notre « maison verte » (c’était en fait la couleur des volets), Murielle nous annonça qu’elle avait trouvé un autre poste plus intéressant et surtout plus prêt de chez elle, j’étais triste de ce départ et surtout inquiète de ce que cette absence engendrerai au sein du magasin… Il faudra, accueillir d’autres personnes, refaire confiance ou pas, recréer une ambiance « travail » permettant de vivre les à côtés plus sereinement et surtout de profiter de mon petit garçon au maximum ! Antoine était heureux de notre nouveau chez nous, c’était une maison dans un cartier pas trop loin du centre ville et qui me permettait de m’y rendre à pied. La propriétaire, une toute petite vieille dame qui vivait seule, avait fait aménager l’étage et j’avais ainsi un cosy deux pièces qui ne me coûtait pas trop cher… La vie se posait doucement, entre nous, il y avait l’école, nos w-end à la mer, nos soirées crêpes, les amis, nos rencontres, et puis mes envies d’ailleurs… Toujours, partout, malgré moi…

Il y a un après…

 

Il y a un après... dans vivre MerT-150x139

 

 

 

 

J’avais retrouvé ma mer, ses embruns, ses couleurs, ses humeurs… Parfois calme et pensive, parfois lumineuse ou bien sombre elle rejetait aussi ses rancœurs, ses peines à sa façon, et les vagues alors devenaient des torrents, des larmes, comme des hurlements…

Me retrouver face à elle était une façon pour moi de savoir qui j’étais réellement, de me ramener aux forces vives de la nature, à quelque chose de réel, de vivant, et de tellement troublant… 

Je lui avais alors jeté mes prières, comme un SOS, une bouteille à la mer… J’avais encore l’espoir de jours meilleurs, je croyais en moi, en nous, et en cette vie qui battait là profondément en mon âme, encrée, vissée, parce que rien n’avait été encore consumé…

Antoine venait d’avoir deux ans et il n’irait à l’école qu’à la rentrée de Janvier cette même année. J’avais depuis le mois d’Août, commencé à travailler après un été passé chez mes parents, entourée d’une bonne partie de la famille, puisque finalement après de nombreuses hésitations, tout le monde se mit d’accord pour accepter malgré la douleur encore palpable de la disparition de notre frère ; que Louise et Nicolas se marieraient comme prévu à la Noël. Je me souviens de sa robe ce jour là, de nos voix pendant la messe et de la chorale avec qui j’avais préparé les chants. De mon frère et de mes sœurs et de tous ceux qui avaient partagé ce moment si particulier. Il y avait tellement de monde, ce fût un mariage à la hauteur de ce que voulait papa, ce pourquoi il s’était battu toute sa vie. « Respect Monsieur le comte » ! Tout y était ! Quelle belle et jolie mascarade !!! Mais ça faisait rêver, ça faisait croire aux belles histoires que l’on raconte aux petites filles sages et je savais que tout ça, moi, je n’y aurai jamais droit ! Alors, j’ai effacé ce bout de vie de ma mémoire, gardé juste quelques bribes pour me raconter le bal et les musiques quand je serai seule là tout au fond de mon grand lit froid, avec encore un peu au fond de moi ce cœur d’enfant qui croit encore au prince charmant…

 

La rentrée de Septembre avait été une course à tout, mais au job avant tout, une fois bien installée dans mon nouveau monde, la mode, la boutique, les rues… Ma nouvelle ville m’ouvrait d’autres perspectives d’avenir, j’avais tout donné une nouvelle fois pour en arriver là, mon énergie avait payé et aussi les rencontres, de belles rencontres…

Saint-Brieuc était une petite ville agréable, et surtout à « deux ponts de la mer », bref, une ville à ma hauteur, un endroit où j’allais m’arrêter quelque temps, celui de devenir une autre et puis d’apprendre mon métier, et puis aussi de voir mon petit bonhomme devenir un petit d’homme, une vie à part entière, un bonheur à lui tout seul, mon bonheur de chaque instant…

12345...9

Auteur

Laura L.

© 2019

Archives

Messagerie

Vous devez être connecté à votre compte pour me contacter

Dans vos silences…


Français sans fautes |
le livre du loup |
euh....vraiment n'importe q... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Et toi tu lis quoi ?
| Mes Créations Cya
| l esprit des anges