Un, deux, trois

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Depuis quelques semaines, les nuits de Paul ne croisaient plus les miennes, mon temps s’étalait entre l’école d’Antoine, celle de Maxime et mon travail. Je voyais mes beaux parents de temps en temps le week-end, les enfants étaient heureux de retrouver leurs cousins. La vie filait et j’étais triste de ne pouvoir retenir le regard de mon époux sur moi, je me sentais vide, inconsistante, les paroles de mon père faisaient écho à chaque fois que j’essayais de comprendre, de le comprendre. Il est sûrement bien trop intelligent pour moi, ses silences rassemblent les morceaux de notre existence sans fond où les mots n’ont aucune résonnance, il ne comprend pas mon mal être et je ne comprends pas le sien. Mais est-ce vraiment un problème d’intellect ?
Je savais bien au fond de moi que sa façon de penser et de comprendre les choses, bien que très particulière, n’avait rien à voir avec les sentiments, la raison sait se mettre là où il ne faut pas pour essayer de contredire le cœur, mais au final rien ne peut vraiment s’expliquer, on aime pour un tas de raisons et ce sentiment que l’on éprouve est quelque chose de mystérieux qu’il faut apprivoiser au fil du temps. J’avais mon idée sur la question mais la partager avec Paul était bien compliqué. Il nous manquait le temps, l’envie et peut être la raison aussi…
J’avais quand même décidé de contredire mon paternel, comme toujours comme il ne fallait pas, maladroitement avec ce que je croyais être moi et ce petit grain de folie qui colorait ma vie en rose ; ce petit truc en plus pour dire : « j’y crois encore !! » et puis trouver enfin un moment à nous, un moment pour se dire qu’on s’aime malgré tout, même si on ne se le dit pas, parfois un regard ou un geste suffisent. Mais ce soir là j’avais besoin qu’il m’aime sérieusement, qu’on prenne le temps, je ne voulais pas donner raison à mon père, il suffisait juste de s’aimer encore longtemps.Alors je me souviens d’une nuit, d’une de celle que j’attendais, une nuit comme j’en avais rêvé, ce soir là, il était rentré ! Nous regardions ensemble un énième épisode de « Docteur House » qui nous faisait. L’atmosphère était donc légère, j’avais posé ma tête sur son épaule lui disant que j’aimerai qu’il rentre tôt plus souvent. La nuit qui suivit me rassura sur ses envies et sa façon de m’aimer même si c’était loin d’être comme je l’avais imaginé, il m’avait serrée dans ses bras, et quand il m’a dit qu’il me trouvait belle, je l’ai cru, son regard était pourtant toujours un peu ailleurs. Mais tout ça n’avait pas d’importance à ce moment là, je voulais juste trouver le moyen de rendre notre vie encore plus vraie, encore plus belle, je voulais faire que tout s’arrange, que tous nos soucis s’évaporent… Bien sûr cette nuit là je n’avais rien trouvé pour tout régler, juste un peu de cette tendresse qui me manquait tant trop souvent. Je profitais donc de ses bras autour de moi et me mise à rêver, à imaginer ce qu’aurait pu être ce moment à nous si j’avais fait durer le plaisir, s’il ne s’était pas endormi si vite, et si, et si…
Quelques semaines avaient passées, nous avions fêté l’anniversaire de Paul chez ses parents où toute la famille s’était réunie. Nous avions passé un joli moment suspendu, dans les rires et les cris des enfants, il avait fait beau et le soleil faisait briller les couleurs du jardin de La Vallière.  Ces instants là nous rassuraient sur l’importance d’être ensemble et nous donnaient envie de nous laisser encore du temps, même si parfois les agissements de Paul me faisaient douter. C’est à cette période là, un peu avant que ne commence le mois de Mai que j’avais deviné que mon corps allait de nouveau se transformer. J’avais la poitrine un peu gonflée et aussi quelques nausées. Des signes qui ne trompent pas et qu’un test de grossesse validait quelques jours plus tard. Paul avait pris la nouvelle avec inquiétude, il pensait que ce n’était pas le bon moment, que son emploi n’était pas encore bien stabilisé, et que nous n’avions pas vraiment les moyens à ce moment là pour l’arrivée d’un autre enfant. En un mot, ce ne fût pas une bonne nouvelle pour lui. Mais peu emportait son avis, j’étais heureuse et je l’aimais déjà. Annoncer la nouvelle à Antoine et Maxime était un moment de joie pour moi, les enfants me permettaient de supporter bien des tourments, me permettaient de m’oublier surtout, vivre pour eux me semblait être la meilleure façon de ne pas penser, et d’ainsi vivre pour demain pour continuer à croire en l’avenir.

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