Continuer à croire…

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Je pensais bien sûr que tout était encore possible, que l’on traverserait les orages, que nous danserions même sous la pluie, et puis que l’on se dirait «Oui» pour s’aimer pour longtemps. Oui, s’aimer comme on l’imagine quand on est enfant et que l’on croit au prince charmant, bref, s’aimer pour la vie.
J’avais alors fait en sorte de pouvoir toucher ce rêve du bout des doigts, j’avais fait en sorte de pouvoir mettre Paul dans les conditions nécessaires pour un jour extraordinaire, je voulais que nous nous préparions avec un homme d’Église, je souhaitais que ce moment soit quelque chose d’un peu à part, quelque chose qui nous permettrai de vire mieux, surtout de vivre enfin heureux. 
L’abbé qui nous avait reçu ce jour là avait bien compris nos difficultés et avait donné son accord pour nous guider jusqu’au jour de notre mariage religieux. J’étais heureuse de cet échange, Paul avait accepté de se dévoiler un peu plus, nous arrivions à passer du temps pour ça, et c’était déjà bien.
Pour le reste tout était suspendu au temps qui passe, moi avec les enfants le plus souvent et puis dans la boutique où j’aimais respirer les odeurs de soie, de laine et de coton mélangé, mon univers à moi.., Paul lui passait ses jours, ses soirées, ses nuits parfois au bureau, il fuyait je le pensais, la simplicité des moments en famille, la joie de se voir juste ensemble et de pouvoir se satisfaire de peu, de juste ça, de «nous» c’était pourtant si facile de créer notre bonheur.
Mais la raison chez Paul l’emportait toujours, et pour moi le cœur était le seul dirigeant…
Mais mon envie de croire était, encore à ce moment là la plus forte, et nous en étions à chercher un lieu pour l’événement.
J’avais également préparé les faire-part, et puis commencé à les envoyer. La date avait été prise et puis celle pour trouver une tenue adaptée aussi.
Avec Laurence, mon amie d’adolescence, nous avions pris le temps de faire les boutiques, j’avais envie de trouver ma robe, je savais qu’il existait quelque part celle qui me convenait pour être moi, celle juste pour ce jour là.
J’étais étonnée de mon image dans le miroir affublée de blanc, de dentelles et de rubans, j’en avais essayé plusieurs, et cela m’avait convaincu qu’il fallait chercher ailleurs, chercher quelque chose de moins solennel. Alors au détour d’une rue, exposée là dans une vitrine d’une toute petite boutique du centre ville, je m’étais extasiée devant une magnifique robe de cocktail couleur champagne, je l’a trouvais juste à mon goût, terriblement même, et puis mon œil descendit jusqu’à l’étiquette posée en évidence au pied de la tenue : astronomique !!
Laurence sourit et puis pris ma main pour me tirer jusque dans la boutique, devant une charmante dame au large sourire.
«Bonjour Madame, Mon amie souhaite voir la robe que vous avez présentée en vitrine, est il possible de lui faire essayer ?»
Laurence m’avait finalement permis d’y croire, après tout, je pouvais bien l’essayer, juste pour le plaisir me disais-je ! Oui c’était magique ! cette robe était presque trop belle, on me remit le cintre dans les mains et je prenais place dans la cabine d’essayage… j’avais vu 36 dans la couture et aussi de nouveau le prix sur l’étiquette délicatement nouée dans le col. Quelle folie !
Le taffetas de soie crissait sous mes doigts et je mettais un temps fou à l’enfilez de peur de l’abîmer. J’avais du mal à remonter la fermeture jusqu’à la poitrine, je faisais quand même un 38, et malgré la taille Italienne du vêtement il manquait un centimètre de tissu pour que je puisse la fermer complètement. Je me trouvais à présent devant le miroir où je voyais Laurence et son magnifique sourire et puis moi dans cette robe complètement improbable dans laquelle j’avais l’impression d’être quelqu’un d’autre. Je savais que c’était celle là, je n’en voulais pas d’autres, mais comment rendre tout ça possible ?
Alors Laurence souriant toujours,décida elle aussi que tout était réalisable et me rappela que j’avais une fée pas loin qui serait ravie de me faire plaisir à cette occasion : ma marraine ! Pour la taille ; la jolie dame de la boutique s’était occupée de prendre les mesures et me donna une semaine pour récupérer ma robe juste comme je la voulais et surtout pour que le dernier bouton puisse être fermé et que je puisse le jour «J» simplement respirer… et donc rire aux éclats, chanter, pleurer, danser, courir, et puis crier aussi sûrement … Bref, en faire une robe à ma taille, une robe sur mesure !!
Depuis ce jour je rêvais, je m’imaginais cet instant un peu différent chaque fois, j’avais tellement d’envies…
Mais cela n’était qu’une parenthèse, un joli moment dans une vie en suspend, suspendu aux rêves de quelqu’un d’autre, ceux de celui à qui pourtant j’avais dit «oui», celui avec qui je partageais les nuits, celles où il était là, parfois, la tête ailleurs et le cœur je ne savais pas vraiment où, ni avec qui, sûrement bien trop serré dans un carcan prêt à craqué, emmailloté pour ne surtout pas battre trop fort, bref, je ne savais plus trop comment notre amour survivait, je ne savait plus trop comment lui dire qu’il me manquait, tellement, tellement trop souvent…
Mais Paul avait toujours de jolies phrases pour tout simplifier, pour dire que finalement tout allait bien, qu’il y a des moments où l’on a le droit d’aller mal, d’être fatigué, et puis son travail revenait sur la tapis, cela prenait de la place dans notre vie et puis peut être que je ne savais pas vraiment combien pour lui c’était important.
L’important à ce moment de mon existence était ce rêve que je pouvais toucher du bout des doigts, et mon rêve durait encore, j’avais ça pour garder espoir, prendre le temps de préparer un joli moment, notre journée, celle où je porterais fièrement ma robe de fée, celle où enfin mon cœur serait apaisé.
J’avais récupéré l’objet de mes désirs un soir de Mai, je l’avais suspendue au fond de la mezzanine, sur un clou. Elle était recouverte d’une housse de papier de soie et de plastique, parfois il m’arrivait de la défaire, de la poser tout contre moi et d’imaginer encore cette journée formidable que bientôt nous pourrions vivre. Je la rêvais dansant éperdument en oubliant qu’un jour j’avais attendu le prince charmant, je dansais de joie et d’amour, je dansais avec Paul et tout autour des sourires nous portaient faisant de cet instant un merveilleux souvenirs.

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