Et puis il a dit « Oui »…

Oui

Sophie avait mis au monde sa fille, nous étions allés l’admirer à la maternité, elle était toute rose, je l’avais prise contre moi, j’avais accepté d’être sa marraine, je savais que c’était un rôle important, même si dans mon esprit je me voyais jouer à être une fée, une bonne fée avec une baguette magique qui transformait la vie pour qu’elle soit plus belle, comme dans les rêves, comme dans les contes… Je regardais ses petits yeux se refermer, sa vie commençait doucement… Basil était tout fier de devenir grand-frère. Et Antoine lui, imaginait la naissance de son petit frère. On attendait tous son arrivée avec impatience, mais avant ça se préparait notre mariage. J’avais faite faire ma robe par une amie. Ma taille et mon ventre ne me permettait pas de porter les robes dont j’avais rêvé pour ce moment si rare… Je voulais quelque chose de sobre et d’agréable à porter, j’avais dessiné un croquis vite fait et expliqué l’idée. Ma robe était comme je l’avais imaginée. Je me disais qu’un jour nous donnerions à cette journée un écho et que nous recommencerions avec tous ceux que nous voulions pour nous entourer, et surtout du temps pour nous, du temps pour faire de ce moment unique quelque chose de beau et de mémorable… Là les choses s’étaient un peu précipitées, nous avions fait avec les moyens du bord, avec juste ce qu’il faut pour mettre les choses en ordre, mais aussi pour que ce «nous» devienne une famille, le commencement d’une vie à construire. La veille, Garance était arrivée à la maison pour m’aider dans les préparatifs. J’étais heureuse d’avoir ma petite sœur avec moi ce soir là. J’aurai juste aimé qu’elle ne soit pas témoin de cette nuit sans fin, spectatrice de mon désarrois, un d’un silence un peu amer. Mais elle était là, elle, et celui qui devait devenir mon mari le lendemain, lui, ne l’était pas. Mes appels sur son portable sonnaient désespérément dans le vide, je savais que la nuit l’avait déjà englouti, rendu sourd et presque aveugle et surtout ivre, la tentation et le moment l’en excusait il ne pouvait qu’y céder… Il lui fallait encore au moins cette nuit là, cette dernière nuit sans ce choix qui lui ferrai me dire «oui» demain. Et puis, il paraît que ça se fait, on appelle ça «enterrer sa vie de garçon» Garance me rassurait comme elle pouvait ; oui, c’est ça, il fallait qu’il enterre sa vie d’avant, ce qu’il en avait fait tout ce temps, cette alliance avec les nuits blanches et l’alcool, ses histoires sans moi… Tout ça devait être derrière, n’être plus qu’enfin un lointain souvenir et il ne lui restait qu’une nuit pour ça, juste une et je me résignait donc, elle sera pou lui, pour enterrer ses vieux démons, sa vie d’avant, si seulement…  Garance était là, et finalement, c’était bien comme ça. Nous avons partagé un joli moment même si l’inquiétude et l’angoisse de ne pas savoir où était Paul planait dans chaque pièce et dans chaque mot… La nuit fût longue et il ne rentra qu’au petit matin. Le temps des préparatifs avaient commencés. Antoine était joyeux et fier de me faire lire un texte qu’il avait écrit pour nous et qu’il voulait nous lire au retour de la cérémonie devant tous les invités. L’appartement se remplissait doucement ; mes parents, ma famille, mes amis, d’autres avaient prévu de nous rejoindre à la mairie. J’avais enfilé ma robe de coton ivoire taillée sur mesure, et placé, là, juste sous mon ventre rond, une large ceinture de soie brodée de petites fleurs roses pâles. J’avais lissé mes cheveux sans les attacher et je m’étais maquillée juste ce qu’il fallait pour atténuer les marques d’une nuit trop courte ainsi que toutes les émotions que je vivais depuis et qui allaient jalonner ma journée. La matinée avait filée sans que je puisse m’en apercevoir, j’avais juste eu le temps de regarder par la fenêtre le ciel et les nuages, il faisait un temps étrange. La journée avait vu tous les temps : la pluie, le soleil, la neige, le froid, le vent, et même un arc-en-ciel comme si le ciel avait voulu illustrer ma vie. J’avais eu froid et puis chaud, mon cœur avait presque prit feu au moment où, dans une grande salle lumineuse de la mairie, un mot avait rompu le silence léger et joyeux que nous avions su apprécier juste le temps d’attendre une réponse, cette réponse, la sienne : son «oui» puissant et émouvant. J’avais pris sa main et puis l’avais embrassé, on avait entendu des applaudissements et puis des sourires. J’avais toujours ma main dans celle de Paul au moment où nous descendions les marches recouvertes de velours rouge. Nous sommes allés ainsi, portés par un sentiment étrange jusqu’au perron où l’on nous attendait pour les photos souvenirs de ce jour intense où quelque chose avait changé, oui, ma vie allait ailleurs, avec lui… C’était une sensation un peu bizarre. J’étais quelque chose de plus, j’avais l’envie et puis l’espoir, j’étais devenue sa femme, et je réalisais combien j’allais devoir me battre pour vivre cette histoire comme je l’avais rêvée, faire de cet homme que j’admirais, un homme debout et fort, fier de devenir à mes côtés et surtout de pouvoir accepter ce rôle de père que je lui façonnais. Je repensais alors à notre petit Maxime qui bientôt verrai le jour, à notre vie après et à cette belle journée qui s’achevait entourés de nos famille et amis attendris d’avoir entendu Antoine avec son harmonicas nous fredonner sa joie d’avoir enfin un «papa»…

 

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