C’était l’hiver…

Brillant tissu.

 

Il faisait froid depuis quelques nuits déjà et les journées se couvraient d’un brouillard humide.
Mon ventre rond me tenait chaud ; là en moi remuait une autre vie, un petit bonhomme et une famille se dessinait chez nous. J’aimais dire chez nous. Cet endroit où l’on se retrouvait, où l’on s’aimait, où l’on se racontait… Antoine avait trouver son rythme, il s’invitait chez ses camarades de classe, il jouait au foot, il attendait son frère avec une certaine appréhension, mais en était heureux. Il essayait de construire une relation plus intime avec Paul, ils se voyaient peu, mais étaient assez complices. Antoine connaissait les faiblesses de celui qui s’apprêtait à jouer pour lui le rôle de père et parfois ça l’inquiétait, il voulait me protéger. Nos soirées à l’attendre avec inquiétude me faisait me dire qu’il aurait pu vivre quelque chose de plus simple, plus gai, plus chaleureux ; mais j’avais choisit, j’avais envie d’y croire et en fait je ne me posais plus vraiment la question. J’attendais la naissance de notre enfant, nous avions choisit son prénom. J’aimais lui parlait tout bas et avec un prénom je trouvais ça plus facile de l’imaginer, pour moi il était déjà là notre petit Maxime. Paul devenait père et pour moi, ses nouvelles responsabilités allaient forcément guérir ses maux, tout rentrera dans l’ordre et notre vie ne sera plus que bonheur !
Oui, j’espérais, j’y croyais profondément et commençais à trouver des moyens de lui ouvrir les yeux sur cette emprise, sur ce qui faisait que notre vie n’était pas encore aussi belle que je l’avais rêvée, je voulais le délivrer de cette envie de boire. Je me croyais assez forte et mon admiration pour lui me faisait penser que rien ne m’en empêcherai, non, rien.
C’était l’hiver et j’attendais mon bébé, je commençais tout juste mon congé maternité et nous préparions les fêtes de Noël. Nous allions passer le temps du réveillon chez mes parents, ma famille allait rencontrer Paul pour la première fois, c’était un moment important, on s’y préparait, on avait plusieurs fois imaginé le scénario… Et puis le jour arriva.
Nous avions fixé une date pour notre mariage et cela me permettait de rendre notre situation plus rassurante aux yeux des miens. Je réalisais alors que j’avais besoin de leur soutien, de leur approbation quant à ma vie, mes choix et tout ce que demain fera de nous…
Nous avions fait le chemin jusque chez mes parents ce week-end là. La route fut longue et fatigante pour moi, Paul n’avait toujours pas récupéré son permis de conduire, et je devais donc faire les trajets en voiture sans pouvoir compter sur lui. Antoine comme toujours dans ces moments là, fermait en peu de temps ses paupières tout en imaginant déjà sous le sapin les cadeaux qu’il allait découvrir, il dormait si bien, mon ange.
J’aimais ses moments au volant, j’aimais conduire avec Paul à mes côtés. Il avait toujours, dans cette situation où l’on était enfin ensemble, de longues conversations enrichissantes qui rendaient ces instants partagés presque magiques.
J’avais imaginé notre Noël en famille bien avant de le vivre et puis ce jour était là. La maison de famille était déjà bien remplie et un sapin immense trônait dans le séjour. Les cousins s’étaient retrouvés tout autour. J’étais heureuse de voir que tout le monde vivait ce moment avec joie, même si, comme toujours quand on est tous réunis, il y a des mots en trop, des gestes qui blessent… Nous étions ensemble et c’est ce qu’il fallait garder en mémoire, j’étais heureuse de retrouver mes frères et sœurs et de voir les enfants si joyeux, ils ont les yeux tellement brillants quand ils sont heureux !
Paul avait eu de longues discussions avec papa, ils se trouvaient dans leurs mots, leurs échanges étaient vifs et passionnés. J’étais fière du regard de mon père sur l’homme que j’avais choisit, même si j’aurai aimé que ses paroles contiennent un peu de moi, juste un peu, pour que je me sente exister à ses yeux un peu plus que lorsque nous sommes entre nous. Moi j’avais l’impression de l’aimer autrement, un peu comme avant, à l’ancienne, comme quand les sentiments prévalaient de tout, comme quand il ne reste que l’Amour et qu’on a envie de crier son nom sur tous les toits du monde, parce qu’alors cet autre que l’on a choisit devient la seule chose importante au milieu du brouhaha incessant de nos vies. Mais chacun vit ce sentiment étrange à sa façon. Ce qui me rendait triste c’était ces mots que j’attendais trop souvent, ces petits gestes de tous les jours, ce que l’on appelle les attentions, celles qu’on porte à l’autre pour lui montrer qu’on l’aime et qui ne venaient pas. Je donnais sans recevoir ce que j’attendais pour aimer d’avantage ; alors je me disais que je ne devais pas regarder là où il fallait, j’en demandais sûrement trop, de tous, tout le temps, mon cœur et mon corps encore si fragile. Il me fallait donc apprendre la patience et profiter des moments où nous étions heureux, oui, il fallait créer nos moments de bonheur.
Nous avions partagés les fêtes de Noël ensemble et je savais qu’il y en aurait d’autre. Nous avions ensuite rejoint La Monnerie où nous attendaient Sophie, Basil, et mes beaux parents dans cette ambiance si particulière que j’aimais faire durer. Nous avions des projets et je savais que ça permettrait à Paul de croire en notre histoire qui commençait, ce cycle de la vie que nous avions choisit de partager.
L’année se terminait doucement, j’avais du temps désormais pour préparer la naissance de Maxime prévue début Avril et puis notre mariage qui aurait lieu fin Février. J’imaginais ce jour si particulier, mes amis tous réunis, ma famille, Antoine, ma robe de mariée, une bague à mon doigt, et un «Oui» clair et franc mais plein d’émotions… Toutes ces pensées me laissaient le cœur léger et plus serein. Je savais que Paul serait porté par tous ces événements, et que nous avions à présent dans les mains de quoi réaliser nos rêves. Une année toute neuve et remplie de bonheur à partager nous attendait, merci la vie !

 


 

 

1 commentaire à “C’était l’hiver…”


  1. 0 Xavier 22 oct 2014 à 15:09

    Merci…

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